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Demain nous appartient

Alors qu’une page se tourne pour Présent, permettez-moi, chers lecteurs, cette chronique au ton plus personnel. Deux sentiments y prédomineront : la reconnaissance et l’espérance. Reconnaissance d’abord, pour l’intuition géniale et la persévérance inébranlable de Jean Madiran. En créant Itinéraires puis Présent, ce dernier a voulu donner aux hommes de son temps les munitions intellectuelles nécessaires à la transmission de nos idées, d’une vision du monde qui n’était rien d’autre que celle de la vieille Chrétienté européenne.Avec Itinéraires : réflexion au long cours, hauteur de vue, dissection méthodique de la crise de l’Eglise, contre-offensive philosophique, culturelle, théologique. Avec Présent : confrontation au nihilisme de chaque jour, à l’anti-France, au maelstrom déconstructiviste. L’actualité sous le regard de Péguy, de Bernanos, de Simone Weil et des maîtres médiévaux. L’aventure semblait perdue d’avance, comme toujours. Et pourtant : quarante ans de combat quotidien et plus de dix mille numéros ont joué un rôle métapolitique central. Pour de nombreux lecteurs, Présent était un bol d’air frais quotidien. Pour notre famille politique, ce journal était une balise, un phare modeste mais solide, dans la tempête postmoderne qui s’abattait sur notre vieux pays.

Tous les matins que nous ne verrons pas

Les anti-fascistes d’opérette ont eu beau jeu de moquer le tirage – certes modeste – de Présent. Dans notre propre camp, il n’était pas rare d’entendre les sarcasmes des éternels commentateurs, aussi bavards qu’impuissants. Comment ? Notre vieux canard n’avait pas l’épaisseur du Figaro ? Il manquait de reportages, d’enquêtes au long cours ? Etait-ce vraiment du journalisme ? Procès ridicule, intenté à une équipe qui, très tôt, chaque matin, remontait une pente très raide pour aller tenir ses positions sur une ligne de crête. Sans soutien logistique et avec le minimum de matériel, selon le vocabulaire consacré. Il n’y a rien de commun entre une cordée d’alpinistes et la caravane du tour de France… Il y a près de cinquante ans, Thierry Maulnier écrivait dans ses carnets : « Tu n’as pas à travailler pour le soir qui tombe mais pour tous les matins que tu ne verras pas. » Voilà l’esprit qui animait quotidiennement l’équipe de Présent, malgré fatigues et contradictions, avalanches ou vents contraires. On en mesurera réellement les fruits dans plusieurs décennies. En attendant, un renouveau se dessine à l’automne, sous une forme renouvelée, plus adaptée aux contraintes du moment. Peut-être assistera-t-on à une formule hybride qui permette de retrouver le meilleur d’Itinéraires et l’esprit cosaque de Présent. Pour cela, Présent aura besoin de tous ses lecteurs, de tous ses amis, de tous ses soutiens. Les grands évènements sont toujours l’occasion de se réunir en famille, de rappeler le clan, de souder les rangs. Ce n’est qu’un au revoir. •

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Chers amis de Présent,

Comme nous l’avons annoncé, notre quotidien a cessé de paraître avec le numéro du 30 juin 2022.

L'ensemble du site reste accessible aux abonnés et aux visiteurs, et il sera mis à jour régulièrement.

Nous travaillons actuellement à la suite de cette grande aventure de presse qui,
sous une autre forme, poursuivra le combat. Nous vous tiendrons informés des évolutions.

Merci pour votre soutien et votre fidélité.