Connexion
S'abonner

L’euro menace, menace sur l’euro

La monnaie européenne a eu un rôle néfaste sur l’euro zone, au sens où elle a été conçue pour de la convergence forcée entre les économies. Mais, aujourd’hui cette monnaie est menacée par la divergence de ces mêmes économies.

Convergence forcée : la menace !

Il est assez connu que la croissance de la production industrielle en Italie, en France et en Allemagne était sensiblement la même. Depuis janvier 2000 et les débuts de l’Euro, la production industrielle s’est effondrée en Italie et en France baissant de 15 % en 22 ans, tandis que la production industrielle allemande continuait sur sa croissance à 20% de plus aujourd’hui. Les eurocrates ont aboli une variable d’ajustement qui était la dévaluation, dès lors qu’une économie devenait moins compétitive, et ni l’Italie ni la France ne se privèrent de ces dévaluations. Aujourd’hui la variable d’ajustement (pour demeurer compétitif) peut être la baisse des salaires, la réduction des retraites (ou leur réforme) la fiscalité, bref, une dévaluation interne et non externe cette dernière avait le mérite de préserver la rentabilité des entreprises Italiennes ou françaises dont les prix s’exprimaient dans leur monnaie au nouveau taux. Le taux de change sert d’amortisseur aux chocs externes. Ce n’est plus possible depuis 2000, la variable d’ajustement n’est plus le taux de change, résultat elles ne peuvent plus investir et la croissance s’effondre, et les prix en euros sont de faux prix. Parmi les premiers à l’avoir dit Charles Gave dans «  Des Lions menés par des ânes » (2003 Robert Laffont) Ce qui veut dire que la crise de l’euro était donc totalement prévisible, la première s’est produite en 2012, c’est-à-dire neuf ans après son analyse initiale. Pour l’Euro, nous en sommes à 22 ans et «  la faillite de l’Europe de Bruxelles approche à grand pas, mais l’Euro, ce Frankenstein financier, est toujours là. » selon le même Ch. Gave

Divergence naturelle : la menace toujours.

Les marchés ont anticipé que l’euro n’allait pas survivre et ont vendu les obligations Italiennes et acheté les obligations allemandes, ce qui a fait exploser l’écart des taux (le fameux spread) entre le nord et le sud grosso modo, entre les cigales et les fourmis car si l’on emprunte c’est que l’on est en déficit et qu’on augmente sa dette. La présidente de la banque centrale européenne, Christine Lagarde, a affirmé que lutter contre les écarts entre taux d’emprunts souverains est « au cœur du mandat » de l’institut, essentiellement pour tempérer le début de panique sur la dette italienne. Que doit-elle faire  pour éviter les écarts de taux ? Acheter de la dette italienne pour faire baisser les taux, mais, ce faisant elle augmente la masse monétaire ce qui fait monter l’inflation et donc les taux…ah misère !

L’euro fut une erreur, il coûta son industrie à la France et à l’Europe du sud, mais aussi préjudiciable aux banques qui sont en situation difficile, coulées par les taux d’intérêts négatifs voulu comme remède, ce fut un poison, elles prêtaient à 0,5% avec des coûts à 2% intenable ! Dernière victime les états en déficit qui ne sont pas loin de l’insolvabilité et que le QE ne pourra plus sauver cette fois de la banqueroute.

Enfin comme nous sommes entrés en crise de l’énergie et nous devons acheter nos hydrocarbures en dollar, l’euro, en plus des facteurs énumérés ci-dessus, va s’effondrer contre le dollar. Tempête en vue, la question maintenant est de savoir si nous avons un pilote.

Nos lecteurs ont déjà la réponse.

Olivier Pichon

Partager cet article

Facebook Twitter Email

Articles liés

Chers amis de Présent,

Comme nous l’avons annoncé, notre quotidien a cessé de paraître avec le numéro du 30 juin 2022.

L'ensemble du site reste accessible aux abonnés et aux visiteurs, et il sera mis à jour régulièrement.

Nous travaillons actuellement à la suite de cette grande aventure de presse qui,
sous une autre forme, poursuivra le combat. Nous vous tiendrons informés des évolutions.

Merci pour votre soutien et votre fidélité.