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Un mauvais coup pour tous les pompiers de France

En détruisant par le feu le temple d’Artémis, l’une des sept merveilles du monde, l’acteur raté Erostrate ambitionnait de passer à la postérité, vœu exaucé. Plus modestement, c’est par « un entourage familial oppressant » et « l’adrénaline » suscitée par les interventions que, dans l’Hérault, un père de famille quadragénaire, fils de pompier et lui-même pompier volontaire ainsi que conseiller municipal très estimé, a justifié les incendies qu’il provoquait depuis trois ans autour de son village de Saint-Jean-de-la-Blaquière qui, ces derniers jours, a échappé de justesse à une catastrophe, après que la population eut été évacuée — par lui-même en particulier, en qui tous les habitants voyaient un ami et quasiment un héros.

A juste titre, le colonel commandant les sapeurs-pompiers de l’Hérault a flétri cette dérive « inadmissible, intolérable » et une « traitrise qui porte atteinte à  l’honneur des 250 000 pompiers de France ». Lesquels se voient ainsi salis au moment précis où, engagés sur de multiples foyers d’incendie du Nord au Var en passant par la Gironde et l’Ardèche toujours menacées, malgré tous les efforts, par les reprises de feux favorisées par la canicule et la sécheresse, ils auraient plus que jamais besoin de la sympathie et de la solidarité de leurs concitoyens.

Traquer toute tendance à la pyromanie, cette « jouissance de la dévastation » décrite par Alberto Eiguer dans ses Nouveaux portraits du pervers moral (éd. Dunod, 2005), est l’obsession des recruteurs au sein du corps des pompiers. Mais certains individus échappent aux radars. Quand ils passent aux actes, le meilleur moyen de les écarter serait de cesser de les considérer comme des cas psychiatriques, ce qui les rend intéressants à leurs propres yeux, mais — même quand il n’y a pas eu de leur fait mort d’hommes – de leur infliger le maximum de la peine prévue par la loi : quinze ans de prison. Où, à coup sûr, leurs codétenus leur infligeraient de cruels sévices.

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