Sur ses 202 hectares de territoire, Monaco concentre une densité de casinos unique en Europe. Le Casino de Monte-Carlo, la pièce maîtresse de la Principauté, générait autrefois plus de 95 % des revenus de l’État — chiffre qui dit tout sur l’importance historique du jeu à Monaco. Comprendre cet univers avant d’y mettre les pieds, c’est s’épargner bien des surprises.
Histoire, architecture et jeux : ce que cache vraiment le Casino de Monte-Carlo
Tout commence avec François Blanc, visionnaire et négociateur hors pair. En 1856, le Prince Charles III autorise l’ouverture d’un casino pour renflouer les caisses de la Principauté. François Blanc obtient la concession via l’Ordonnance Souveraine du 2 avril 1863, moyennant 1,7 million de francs, 50 000 francs annuels et 10 % des bénéfices nets — pour une durée de 50 ans. Sa première tentative à l’Hôtel de Russie en 1862 tourne court. Il choisit alors un lieu-dit isolé, Les Spélugues, pour tout rebâtir. En juillet 1865, le nouveau casino ouvre. Charles III rebaptise le quartier « Monte-Carlo » en 1866 et supprime les impôts grâce aux recettes du jeu.
L’actuel bâtiment est signé Charles Garnier en 1879 — le même architecte que l’Opéra de Paris. Le Casino a pris sa forme définitive en 1910 après plusieurs agrandissements, dont les extensions des salons Touzet réalisées en 1889-1890. À l’intérieur, l’atrium affiche 28 colonnes de style Second Empire. La Salle Europe éblouit avec ses huit lustres en cristal de Bohème. Le Salon Rose, construit en 1903 comme fumoir, cache un détail savoureux : un angelot peint au plafond dont les fesses semblent constamment orientées vers le visiteur, quel que soit son angle de vue.
Côté jeux, l’offre est large :
- Roulette française et anglaise — deux variantes, deux ambiances
- Blackjack — atteindre 21 sans dépasser le croupier
- Punto Banco — variante du baccarat très prisée
- Craps — jeu de dés à l’américaine
- Poker Texas Hold’em Ultimate — version simplifiée face au croupier
- Machines à sous — entre 600 et 1 000 appareils, accessibles dès 1 centime d’euro
Les tables de jeux acceptent des mises à partir de 5 €. L’European Poker Tour Monte-Carlo est inscrit au calendrier de l’EPT depuis 2004, confirmant le statut international du lieu.
Accès, dress code et panorama des casinos sur la French Riviera
Franchir les portes des salons de jeux coûte 19 €, bon de jeu de 10 € inclus. La visite seule (de 10h à 13h) revient à 18 € par adulte, 12 € pour les 13-17 ans, 8 € pour les 6-12 ans. Les salons ouvrent à 14h.
| Catégorie | Tarif visite | Accès jeux |
|---|---|---|
| Adulte | 18 € | 19 € (bon 10 € inclus) |
| 13-17 ans | 12 € | Non autorisé |
| 6-12 ans | 8 € | Non autorisé |
Les mineurs de moins de 18 ans sont strictement interdits dans les salons de jeux, conformément à la loi monégasque n° 1103 du 12 juin 1987. Fait méconnu : les Monégasques eux-mêmes, les fonctionnaires de l’État et la Famille Princière ne peuvent pas jouer — mesure initiée par Charles III pour protéger ses sujets des risques liés au jeu. Une pièce d’identité valide est obligatoire ; le permis de conduire n’est pas accepté.
Le dress code est ferme. Dès 19h, veste et cravate sont obligatoires pour les hommes dans les salons privés. Shorts et chaussures de sport restent bannis à tout moment dans les salons.
Hors Monaco, la Côte d’Azur propose une offre étonnamment dense, de Menton jusqu’à la Presqu’île de Giens. Cannes est la seule ville française à concentrer trois casinos simultanément. Nice aligne deux établissements en bord de mer, dont le Casino Barrière Le Ruhl avec ses 300 machines à sous. Pour qui veut étudier la French Riviera au-delà de Monaco, les possibilités ne manquent vraiment pas.

Analyste politique rigoureux, Thomas décrypte les mécanismes du pouvoir et les décisions publiques avec clarté et esprit critique. Son credo : rendre lisible ce qui est volontairement complexe. Amateur de romans noirs et de débats de fond.

