L’histoire familiale de Claude Nougaro révèle un héritage multiculturel enchantant qui a profondément marqué l’identité artistique du chanteur toulousain. Né en 1929, le poète de la chanson française puise ses racines dans une lignée d’artistes et d’immigrés italiens dont l’influence transparaît dans son œuvre. Ses parents, Pierre Nougaro et Liette Tellini, incarnaient déjà la passion musicale et l’excellence artistique qui caractériseront plus tard leur fils unique.
Des racines italiennes piémontaises côté maternel
Les grands-parents maternels de Claude Nougaro étaient originaires du Piémont italien. Thérèse Rabbione, piqueuse de bottines, et Armand Tellini, électricien surnommé Ghino, naquirent au début des années 1880 dans cette région du nord de l’Italie. Venus de dialectes différents, l’une de la vallée de Livorno et l’autre de San Damiano d’Asti, ils éprouvaient des difficultés de communication linguistique qui les amenèrent à abandonner définitivement la langue italienne après leur installation en France vers 1905.
Leur parcours connut un tournant exotique en 1926 lorsqu’Armand fut engagé comme ingénieur pour l’électrification de Saïgon. La famille s’installa alors en Indochine où Liette, leur fille née à Brignoles en 1906, s’épanouissait en donnant des concerts et des cours de piano à la famille de l’ambassadeur de France. Cette période coloniale forgea chez la jeune femme une sensibilité artistique raffinée, notamment à travers des racines familiales et culturelles multiples qui enrichiraient l’univers de son fils. Après le mariage de Liette, les Tellini regagnèrent la métropole pour s’établir à Marseille.
L’ascendance toulousaine paternelle et ses traditions chorales
Du côté paternel, Claude Nougaro descendait d’une famille profondément ancrée dans le terroir toulousain. Son grand-père Alexandre Nougaro, né à Muret en 1876, officiait comme planton à la mairie de Toulouse, dans la prestigieuse Salle des Illustres. Son épouse Cécile Rougé, sage-femme née à Toulouse en 1872, partageait avec lui une belle voix et une passion pour le chant choral. Ce tableau illustre leur profil familial :
| Grands-parents | Profession | Origine géographique |
|---|---|---|
| Cécile Rougé | Sage-femme | Toulouse |
| Alexandre Nougaro | Planton mairie | Muret |
Le couple résidait principalement avenue des Minimes à Toulouse, dans un quartier qu’ils ne quittèrent que brièvement malgré les efforts de leur fils Pierre pour les installer plus confortablement près du Canal du Midi. Claude évoquera ce déménagement vécu comme un exil dans sa chanson « Un Été » en 1981. À la mort d’Alexandre en 1965, il lui rendra hommage avec « Berceuse à Pépé ».
L’héritage artistique transmis par les parents
Pierre Nougaro et Liette Tellini incarnent la rencontre entre le bel canto et la musique classique française. Leurs parcours croisés au Conservatoire de Toulouse vers 1922 marquent le début d’une histoire d’amour et d’une collaboration artistique exceptionnelle. Pierre, baryton remarquable, fit ses débuts à l’Opéra de Paris en 1929 dans « Lohengrin » avant de marquer les esprits dans « Rigoletto » à 25 ans. Les aspects suivants caractérisaient son talent :
- Une diction irréprochable rare chez les chanteurs lyriques
- Une présence scénique formidable
- Une capacité à fouiller la pensée du texte
Liette, professeure de piano accomplie, maîtrisait la technique vocale héritée de Claude Jean. Elle accompagnait son mari dans son travail vocal avec une vigilance intraitable. Claude déclara que ses parents lui avaient légué le trésor de la musique occidentale française du XIXème siècle, synthèse parfaite entre l’Italie, Toulouse et l’excellence artistique française.

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