Cuba fait rêver avec ses plages paradisiaques et son patrimoine culturel unique, mais partir sur cette île des Caraïbes demande aujourd’hui une réflexion approfondie. La situation économique et les défis logistiques transforment radicalement l’expérience du voyage sur place. Entre pénuries généralisées, difficultés de transport et coût réel du séjour, plusieurs raisons peuvent vous inciter à repenser votre destination ou à vous préparer minutieusement avant le départ.
Les difficultés logistiques et économiques qui compliquent le séjour
La crise économique cubaine impacte directement les visiteurs avec des pénuries sévères touchant tous les secteurs. Les restaurants affichent des menus très limités, de nombreux plats étant indisponibles faute d’ingrédients. Les pharmacies restent vides, rendant impératif l’apport d’une trousse médicale complète. Même les produits d’hygiène basiques comme le savon ou le papier toilette manquent régulièrement.
La question monétaire constitue un véritable casse-tête pour les touristes. Depuis janvier 2021, seul le peso cubain circule officiellement, mais le taux de change officiel (120 pesos pour 1 euro) s’éloigne considérablement du marché parallèle où l’euro vaut entre 290 et 300 pesos. Cette différence peut multiplier vos dépenses par deux ou trois si vous n’avez pas préparé votre budget correctement.
| Dépense | Prix en euros (taux officiel) | Prix en euros (marché parallèle) |
|---|---|---|
| Bière au restaurant | 3,50 € | 1,33 € |
| Queue de langouste | 25 € | 10 € |
| Nuit en casa (4 personnes) | 12-17 € | 12-17 € |
Les coupures électriques constituent un autre défi majeur avec des pannes planifiées ou accidentelles, fréquentes et prolongées. La crise énergétique touche même les zones touristiques comme Viñales ou Trinidad. Les pénuries de carburant surviennent régulièrement, compromettant les déplacements prévus et obligeant à vérifier constamment le niveau d’essence avant tout trajet.
Des infrastructures et conditions de sécurité préoccupantes
L’état du réseau routier cubain représente un risque important pour les voyageurs, particulièrement la nuit. La signalétique défaillante, l’éclairage public inexistant et la présence d’animaux ou de véhicules sans lumière sur la chaussée rendent la circulation dangereuse. Même le trajet entre l’aéroport et La Havane présente ces difficultés, incitant à éviter toute location de véhicule en soirée.
La délinquance connaît une hausse notable dans les principales villes cubaines. À La Havane et Santiago, les actes d’agression et le harcèlement se multiplient, avec même des cas d’utilisation de drogues de soumission signalés. Les vols sur les plages deviennent fréquents, tandis que les arnaques touristiques prolifèrent :
- Faux vendeurs de cigares proposant des contrefaçons
- Rabatteurs orientant vers des restaurants appliquant des tarifs majorés de 400 à 500%
- Chauffeurs de taxi pratiquant des prix abusifs pour les étrangers
- Escroqueries en ligne pour la location de véhicules
Les risques sanitaires ajoutent une dimension préoccupante avec la transmission d’arbovirus comme la dengue, le chikungunya et l’oropouche dans plusieurs provinces. L’assurance médicale devient obligatoire, mais les hôpitaux manquent cruellement de médicaments et de matériel basique. En cas d’urgence, les conditions de soins peuvent s’avérer très limitées, avec parfois du carton remplaçant le plâtre pour les fractures.
Pour ceux recherchant des destinations offrant une meilleure qualité de vie, plusieurs alternatives caribéennes proposent des infrastructures plus fiables. La fréquentation touristique cubaine a chuté de moitié depuis le Covid avec seulement 2,5 millions de visiteurs en 2023, témoignant des difficultés persistantes que rencontre la destination.

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