Depuis 2008, La Quadrature du Net s’impose comme une voix incontournable dans la défense des libertés fondamentales face aux dérives numériques. Cette association française agit sur plusieurs fronts pour contrer l’expansion massive des dispositifs de surveillance et protéger les citoyens contre les atteintes à leur vie privée. Son combat principal se concentre aujourd’hui sur la vidéosurveillance algorithmique, devenue un enjeu majeur de société.
L’organisation mobilise la société civile à travers des actions concrètes et des outils accessibles. Elle forme des citoyens engagés capables d’identifier et de contester les technologies intrusives déployées dans leurs communes. Cette démarche participative transforme chaque personne en acteur de la protection des libertés collectives.
Les technologies de surveillance sous pression citoyenne
La vidéosurveillance algorithmique représente le fer de lance des combats menés par l’association. La loi du 19 mai 2023, adoptée sous couvert des Jeux Olympiques, autorise l’utilisation de ces systèmes jusqu’en 2025 pour huit types de détections : franchissement de ligne, déplacement à contre-sens, densité excessive de personnes. Les préfectures peuvent ainsi automatiser les signalements policiers dans les espaces publics et les transports.
Ces dispositifs fonctionnent pourtant illégalement depuis des années sans jamais inquiéter leurs responsables. L’hypocrisie gouvernementale consiste à légaliser quelques usages pour légitimer un état de fait et préparer un projet de surveillance bien plus vaste. Les ambitions politiques vont jusqu’à la reconnaissance faciale et l’analyse des émotions.
Une victoire historique a été remportée le 30 janvier 2025 devant le tribunal administratif de Grenoble contre la ville de Moirans en Isère. Cette décision reconnaît l’illégalité du logiciel Briefcam, marquant une étape décisive dans la contestation juridique de ces technologies.
| Type d’action | Outils disponibles | Niveau d’engagement |
|---|---|---|
| Information | Brochures, forum, documentation | Accessible |
| Investigation | Demandes CADA, veille, cartographie | Intermédiaire |
| Mobilisation | Interpellation élus, événements | Avancé |
Mobilisation collective et ressources accessibles
L’initiative Technopolice lancée en 2019 rassemble des collectifs locaux à Saint-Étienne, Paris, Marseille et Montpellier. Ces groupes font la lumière sur les projets illégaux déployés en toute opacité. Un kit complet comprend brochures, affiches et flyers pour informer et mobiliser contre les expérimentations.
Les modes d’action proposés sont variés et adaptés à chaque niveau d’implication :
- Demander l’interdiction de la VSA dans sa commune
- Réaliser des demandes CADA via la plateforme MaDada
- Utiliser l’outil Attrap’Surveillance pour repérer les autorisations préfectorales
- Organiser des balades cartographiques pour recenser les caméras
- Interpeller les parlementaires de sa circonscription
L’association développe également une expertise juridique contre d’autres menaces. En novembre 2023, elle s’est associée à Access Now, ARTICLE 19 et EDRi pour contester le décret français d’application du règlement européen sur les services numériques. Elle dénonce parallèlement les algorithmes de notation de la CAF et les robots de France Travail qui massifient le contrôle des allocataires.
Face au sommet parisien sur l’intelligence artificielle de février 2025, l’organisation a cofondé Hiatus, une coalition résistant au déploiement généralisé de l’IA. Son rapport sur la police prédictive appelle à l’interdiction de ces systèmes dangereux. L’espace public doit rester un lieu de libertés plutôt qu’un terrain de répression permanente.

Analyste politique rigoureux, Thomas décrypte les mécanismes du pouvoir et les décisions publiques avec clarté et esprit critique. Son credo : rendre lisible ce qui est volontairement complexe. Amateur de romans noirs et de débats de fond.
